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On verra bien... :/: We shall see...

12 mars 2009

La Guerre des Pôles :/: Poles in Conflict

L'étendue allait du Sud au Nord. Au front, l'Etoile commençait à luire. L'aube s'éteignait. Tendues comme deux nerfs parcourus d'impulsions électriques contraires, les armées ondulaient par les humeurs et les sourds grommellements. La taille du camp de base nordique équivalait à cinq lieues nautiques de long, de diverses tentes et de régiments épars. En face, les bataillons sudiques peinaient à soutenir la comparaison. Des lances, des balistes, quelques généraux rassemblant tant bien que mal les miettes essaimées d'une coalition perdue d'avance. Perdue, condamnée.. à moins que. Hormis ce tout petit détail. Hammon était avec eux. Un petit détail de près d'une tonne. Un renégat, certes, mais un traître solide sur pattes. La bave aux lèvres, tout le temps. L'oeil serein, l'humeur certaine. La rage au coeur. Le coeur au bord des lèvres. Les lèvres qui soufflent un baiser mortel. Votre nom se lit sur elles. Michakal tremblait au fond de lui d'une telle carte dans le jeu ennemi. Les préparatifs avaient beau aller bon train, les ceintures vérifiées, les propulseurs alignés, les vagues déferlantes à venir vues et revues par les stratèges, un doute lui serrait la gorge.

Les 500 conjurés s'alignèrent. La troupe sudique au complet. Le soleil dans leur dos. En face d'eux, une masse compacte mais pensée, à la manière d'un mécanisme aux rouages tous militaires et entraînés. Les bataillons nordiques en nombre. 6.000 loyalistes. Michakal observait depuis la colline latérale. Une vue imprenable. Imprenable, un mot qu'il allait regretter souvent avoir pensé en ce jour. Qu'il allait regretter des années durant à venir.

Au premier choc, il ne comprit pas vraiment si un coup venait d'être lancé depuis son propre camp, ou si une onde s'était détachée de la troupe sudique. Quand au bas mot, 1.000 à 1.200 de ses soldats s'étalèrent comme de simples poupées de chiffons, anéantis, il comprit ce que cela voulait dire. Sombrex aetulae. Il murmura : Defensis Cistera al Gulco.

La boule bleutée s'élanca à une allure douce, puis nonchalante, enfin s'immobilisa. Radiance. Poignards bleutés.
Une quinzaine de sudiques s'évanouirent en morceaux sanglants.

C'est tout, eut le temps de songer Michakal.

Roulement de haches doubles, l'ours blanc casqué avanca. Les siens s'écartèrent, la machine en muscle était une assez suffisante menace en soi, pour les siens comme pour ses ennemis, et nul n'aurait osé ralentir la bête en marche.

Blanc, des rayures sanglantes (aucune de son sang) sur le pelage hirsute, l'armure cintrée lui écrasant la couche de graisse polaire, les muscles saillants et le regard calme, la bouche inondée de sa bave habituelle, Hammon était à présent en première ligne.

Le porte drapeau était à ses arrières.

Du côté des troupes de Michakal, une rapide réorganisation idéologique. Quitte à mourir sous les griffes de Hammon, autant revendiquer ce pour quoi tout ce peuple divisé s'était rassemblé.

Le porte drapeau nordique rejoignit au plus vite la première ligne également.
Michakal observait toujours de loin, à 2 km de là. Son oeil perçant ne cillait pas, même si son coeur était serré.

Le clash des peuples commença.
Aussi saisissant qu'une vision nationaliste et meurtrière, le tableau ne manquait pas de grandeur.
Des troupes préparées et anonymes soutenant le drapeau rouge et blanc au cercle intérieur divisé, emblème du Groenland, face à la poignée de berserks solides et furieux rassemblée derrière l'ours blanc géant en armure, le renégat Hammon, prêts au feu et au sang en l'honneur d'un étendard bleu et blanc, la terre des sans nations de l'Antarctique, marque blanche découpée sur un infini bleu.

Le choc des Pôles, dans la bave et la rage.
L'aimantation des colères, la division réunie en un même lieu, prête à exploser.
Le Rouge contre le Bleu, au travers la plaine Blanche. Couleurs primaires pour intérêts seconds. Les prétextes tombèrent. Hammon contre Michakal. Tout simplement.

[en construction]

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Posté par _Ambivalence_ à 02:54 - Nouvelles :/: Short stories, Essays & Novellas - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


19 mars 2009

En guise de paraphe :/: As a sign

C'était pas censé être ça, le présent. Pas censé devoir se conformer. Pas pensé à ça. Ca avait un goût et une promesse d'avance, le présent que j'aimais. Plutôt que des cendres, un goût de soleil dans la bouche. La combustion des âmes, le feu des amants. C'était censé être mieux, le présent. Supposé prendre de l'avance. Estimé distancer les gens. Avoir une longueur de raison en plus. C'était pas censé être si miteux. Cet aspect vieux. Cette puanteur irrésistible. Le renfermé. Comme un couvercle sur la vie. Et pas une cocotte minute. Même pas une cocotte heure. Une marmite oubliée. Pas de fête à laquelle on la sort une nouvelle fois. Bien rangée sur son étagère, les portes fermées par-dessus. Oubliée. Evadée de la mémoire. Fugitive idée. Fugace existence. C'était vraiment pas censé être ménager, le présent. Ca devait prendre aux tripes. Aller de l'avant, par-dessus les gens, sauter les rambardes, ruer dans les brancards. Avoir un soupçon de feu, une pointe de flamme. Feu-bouillant en-dedans. C'était pas censé faire du sur-place, maintenant. Ca avait l'air mieux, de l'autre côté de la pendule. Les aiguilles fichées dans les bras, bras dessus, bras dessous, le temps en expédient. Les secondes sur le devant de la scène. Les minutes perdues, puis rapportées. En pagaille. Un instantané d'espace-temps. Une infusion de moments. Un déca de retards. Des miettes de tout ça, maintenant. Des bribes, éparses. Des souvenirs comme des bébés nuages. Légèrement vaporeux. C'était pas censé se planter.

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Posté par _Ambivalence_ à 21:20 - Spleen :/: Melancholy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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