The World Is A Beautiful Place

On verra bien... :/: We shall see...

05 mars 2007

Les essais du jeune Werther

La plume à la main, l'écrivain commença l'ébauche. Puis, il reprit ses esprits, se contentant de raturer ce qu'il avait écrit. Le premier jet ne serait pas le bon, il le savait. Il avait raté déjà moult essais, et se voyait non pas comme un perfectionniste, mais comme un défaitiste professionnel. Autant jeter ce qu'il savait par avance ne jamais pouvoir terminer. Procastination. Velléitaire. Que de doux et familiers amis de ses errances! Hésitations et modernisme. Voilà sur quoi il écrirait! Deux maux de notre société à l'aube du XXème siècle! Qui plus est, il pourrait espérer publier dans la gazette à la rubrique Spleen, ce qui ramenerait deux sous pour contenter son logeur. Les fins de mois sont si peu glorieuses de nos jours.. Quoiqu'il en était sûrement de même, même avant dans le temps! Les cavernes n'avaient pas de propriétaires, mais il fallait bien nourrir et le feu, et la famille. Oui, de tout temps, il aurait été embêté notre jeune écrivain. Que cette toux ne le lacherait donc jamais !?
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06 mars 2007

Le nécroman

Le sorcier avait la main plongée dans le chaudron. Les bulles remontaient à la surface, crevant avec écoeurement celle-ci. Les gaz contenus à l'intérieur, délétères messagers, faisaient pleurer les yeux du nécroman. Goldric plissa son vieux visage fripé. La puanteur ne le genait plus, mais sa main venait de sentir un os, l'os doux et bel de l'infant, l'héritier du trône de Gorgnar. Le petit corps juvénile avait bien fondu dans la masse des ingrédients nécessaires au sort. Le roi ne découvrirait l'atroce vérité qu'au lendemain, quand tout serait bien trop tard. Qu'avait bien pu amener notre légendaire conseiller à quitter sa discrétion célèbre, pour ainsi inventer pareille recette, si politique et si vile ?
L'ogre quittait rarement l'auberge, et à cette heure, cette caverne serait encore tranquille jusqu'à l'aube. Goldric n'avait aucune envie de réexpédier l'inhospitalier propriétaire des lieux sous un faux prétexte à nouveau. De plus, ce benêt pourrait parler, même si la chose paraissait improbable à son niveau d'inintelligence, et le sorcier voulait éviter toute publicité avant l'heure. Avant que tout soit prêt.
Prêt, il l'était presque. L'ébullition continuait, et les rayons obliques de la lune arrosaient généreusement la mixture peu apétissante. La translune s'opérait à merveille. A chaque rayon couchant, correspondait une formule à réciter. Et les grumeaux prenaient peu à peu forme.. inhumaine! Les doubles de glaires n'étaient pas faciles à réaliser, surtout que la technique de la translune pouvait à tout moment alerter l'Ordre de ce qui se passait. Mais Goldric n'avait pas eu le choix. Et sacrifier l'infant augmentait ses chances de passer inaperçu. Il le savait.
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La Sirène rousse

Ses cheveux comme des nouilles sales, s'agrippaient et s'enroulaient autour de l'ancre vermoulue. Au fond de ce port puant, la petite Sirène était coincée. Le gris couleur ciel décalé, dans ses yeux profonds et tristes, reflétait la détresse de ce pauvre ange à queue de poisson. Les marins d'Amsterdam n'ont pas de pitié pour les petits êtres comme elle. Quelle idée stupide de s'aventurer aussi près des hommes!
Elle n'avait pas compris le danger immédiatement, de fait. Les rumeurs du marché n'étaient pas encore audibles, la criée n'avait aucun droit encore sur la jetée. Il était tôt. Le soleil encore bien moins qu'une ébauche de promesse. Elle s'était approchée. Un peu. Un peu trop, d'ailleurs. Quand cet abruti a jeté son ancre sans prévenir! Heureusement, elle l'avait évité de justesse. Enfin, elle. Pas ses cheveux. Aïe! Quelle perfidie médusienne que le sort d'un brushing raté! Deux, trois mèches enroulées, et déjà il était trop tard! A présent, elle attend le moment propice pour appeler discrètement à l'aide. Elle n'a pas réussi à se dégager seule.
Enroulée autour d'une ancre, il fallait quand même le faire! Ca ne pouvait arriver qu'à elle, ce genre de chose! Et pourquoi pas finir noyée, hein? Elle pouffa, malgré elle. Même si elle savait pertinemment bien que ce genre de mésaventures ne pouvait réellement pas lui arriver, ça lui faisait du bien de se l'imaginer. Elle se sentait moins cruche. A ce propos, toujours pas une âme à l'horizon? Non. Elle devrait patienter encore quelques heures avant qu'un passant charitable ne passe dans la rue. Et encore, c'était pas gagné qu'il l'aide, ce passant charitable! Elle l'imaginait déjà, pressé par le boulot, ou poivrot, ou manchot, enfin dans tous les cas, aussi inutile qu'une.. ben, tiens! qu'une ancre enroulée dans tes cheveux!
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07 mars 2007

La belle et la glace - Chap 1 (essai 1)

Un soir, le barman essuyait son comptoir comme à son habitude, lorsqu'il vit rentrer une jeune jolie femme. Elle avait juste un maillot de bain et un chapeau pour la protéger du soleil de la journée. On l'aura compris, c'était plutôt déplacé à cette heure de la nuit. Elle s'assit sur un des tabourets le long du bar, et demanda : "Peux-tu me mettre la même chose qu'à ces abrutis ?". Roger, car nous l'appelerons ainsi, affirma que oui, il le pouvait. "Encore heureux, répondit-elle, sinon j'aurai dû appeler ton patron pour qu'il te vire". Désagréable, cette fille, pensa Roger, qui ne rivalisait pas avec Goethe ou Spinoza quant à la profondeur de ses analyses. N'empêche, il avait raison, elle n'était pas spécialement agréable.
- "Vous tournez donc au Martini ou c'est autre chose qu'il vous faut?" dit Roger.
- "Vous me faites des avances?"
- "P-pardon?.."
- "Ne prenez pas cette tête de taré, je plaisantais.. Ben en fait, je prendrais plutôt un jus d'orange. Et rentrez cette langue là où elle s'assèchera bien moins vite, et n'espérez pas que ce lieu ait un quelconque rapport avec moi"
Roger pesta pour soi-même : "Mais pourquoi j'ai pas des clients normaux dans ce bar... de braves petits alcoolos qui font pas les marioles.."
A propos de tarés, il fallait voir de quoi avait l'air ce bar plutôt chic : un cow-boy accoudé au comptoir, un indien juke-box à l'entrée, et deux ou trois hommes de 40 ans en chemises hawaiiennes à peine boutonnées sur leur ventripotent bedon. La classe, quoi.
- "Il est trop chaud.. il faut faire quoi dans ces cas-là mon beau?"
- "Le boire quand même."
- "T'as de l'humour toi. T'as p't'être aussi des économies pour quand ton patron va te virer pour m'avoir dit ça."
- "Vous voulez de la glace?"
- "De la quoi?"
- "... glace"
- "C'est quoi? Tu fais de l'humour mon joli?"
Roger releva les yeux de sa tâche : elle semblait réellement curieuse de savoir de quoi il parlait. Là, il eut un peu peur. "Oh non, pensa-t-il, ils peuvent pas les garder toute une journée dans ces asiles, il faut absolument qu'ils en laissent quelques-uns s'échapper ou quoi?"
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08 mars 2007

Coucher de 2 soleils

Le soleil rouge, bas sur l'horizon, éclairait la plaine de sanglants dards.
La créature violette sautait, faisant des bonds sur elle-même et retombant dans un nuage de poussière ocre.
D'énormes nuages barraient le ciel améthyste.
La mystérieuse créature rampa sur quelques mètres, le bassin près du sol, les genoux au niveau de sa tête.
Les grands yeux noirs regardaient de part et d'autre.
L'heure étant avancée, il n'y aurait plus de de passages avant le lendemain, et si cela était vrai, c'était catastrophique.

Pas la petite catastrophe planétaire banale.
Non. Juste cataclysmique aurait suffi alors.
Non, vraiment catastrophique, pour Loumi, ça voulait dire : une putain de chierie à venir!
Imaginez la rupture simultanée de cinq des bras de la galaxie. Hein, ça fout les jetons?! Et ben, gardez vos jetons, vous en aurez besoin, parce-que c'est vraiment ce qui attend dans les coulisses du drame!

Donc, comment ça se fait qu'une petite créature violacée et isolée soit mêlée à une chose aussi flipogène? Bien, il va falloir un petit peu développer ce point des choses.

Oh, avec tout ça, on a oublié de préciser que June était déjà très brillante, véritable petite pointe aveuglante exactement 22 degrés au-dessus de Betel. Je me sens idiot à préciser que Betel est le fameux soleil rouge gravitant au loin de cette planète, car vous le savez sûrement, à moins d'être un de ces touristes nés de la derrnière pluie et débarqués dont ne sait quelle agence!
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11 mars 2007

On va essayer un truc joyeux (ben ouais)

Un petit écureuil passait sous un arbre
(non, je ne vais pas faire tomber l'arbre)
Quand il cueillit une petite noix, ou bien était-ce un gland
(non, personne n'appréciera si on fait une allusion ici)
Rapprochons-nous pour mieux voir :
Oh le polisson! c'était une cupule! le petit chapeau du gland
Que va-t-il faire de ce chapeau, ce petit chenapan?
(rester poli en toute circonstance)
Il s'approche en sautillant d'une petite flaque
(non, on ne va pas s'interroger sur pourquoi toutes les choses sont 'petites' ou 'mignonnes' dans cette histoire)
Et devinez-quoi?
(on trépigne)
Il remplit sa cupule avec l'eau de la flaque, la petite crapule!
(toute autre rime serait déplacée, si, de fait)
Que va-t-il faire ?
Peut-être veut-il arroser Mr Hibou, le chenapan
(un état civil pour un animal peut être tout à fait cadré ici, je vous assure)
ou faire une farce à son ami PinPin
(l'état civil n'est jamais farceur, non plus)
Ohhhhh mais non!
Il veut donner à boire à sa Maman!
(non, elle ne sera pas hémiplégique ni gravement handicapée dans cette histoire)
Elle le remercie de cette attention et s'apprête à arrêter
(pas la trithérapie, pas la trithérapie, pas la...!!!)
la bouilloire
(ouf........)
qu'elle avait mise à chauffer pour préparer le thé avec ses amies
(non, les relations saphiques n'ont aucun cours dans cette contrée de la forêt, ça ne ferait pas bon genre n'insistez pas)
pendant que notre petit écureuil était parti glâner.
(chantez une chanson en pensant à autre chose)
Le père du petit écureuil était mort
(hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii .....  résister...)
de fatigue, en rentrant du travail ; il avait scié toutes les brindilles devant l'entrée de la maison
(non, aucun prêt immobilier ne le tient à la gorge, le poussant au suicide peu à peu)
qu'il avait promis à maman écureuil de dégager
(ici, pas dans le sens de faire ses valises et se tirer de cette maison de fous en claquant la porte)
dans la matinée.
Bientôt midi, autant faire une pause!

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20 avril 2007

Poursuiveurs : Intrigue-plan provisoire

Titre provisoire : 'Poursuiveurs'

Synopsis:
Un type rentre dans un café, demande à boire. Croise un autre client, qui tient un journal, et y voit l'annonce de sa mort. Terrifié il arrache le journal, se bat avec le type, se fait battre, et se retrouve la gueule amochée et sans le journal. Il appelle sa femme, il tombe sur une voix de veuve éplorée qui ne le reconnait pas. Il veut payer sa conso, la CB ne marche pas, le barman lui demande son identité, la carte d'identité comporte un autre visage que le sien. Le barman appelle la police, et notre homme s'enfuit. Il boit, dort dans la rue.
Une entreprise paie en fait des hommes pour se faire effacer leur mémoire, et y implanter les souvenirs des défunts, et ainsi ils poursuivent la vie des personnes célèbres sur Terre, en agissant comme ils l'auraient probablement fait. Seulement, la société avait prémédité un meurtre d'un gêneur, et prévu le remplacement par un 'poursuiveur' (le nom donné aux remplaçants) avec des souvenirs altérés pour que le poursuiveur continue les affaires du défunt sans jamais plus gêner la société. Mais pour gagner du temps, ils ont prévu le remplacement à l'avance, et un couac a mis en service le poursuiveur un jour trop tôt, bien avant que la veuve apprenne le décès, fasse son deuil et commande un remplacement. D'où la situation du début. Quand notre homme découvre ça, il pète un plomb et...
Ps: Penser à trouver une fin!

Ps: Voilà un essai pour la fin:
Quand notre homme découvre ça, il pète un plomb et rencontre des gens de la société qui le menace, il découvre un truc capable de mettre toute leur affaire (affaire juteuse car financement gouvernemental) à plat. Ils chargent un tueur de le liquider. Quelqu'un d'implacable. Et qui sera capable de poursuivre sa tâche s'il lui arrive quelque chose. Donc sa mémoire est sauvegardée. Notre homme s'en sort, ouf, et le tueur meurt. Suite à un quiproquo que je dois encore imaginer, notre héros trouve une porte de sortie : il fait s'effondrer le système de la société et se reprogramme pour poursuivre la vie de quelqu'un d'important planqué aux antilles, la bonne planque pour un fugitif. Super le plan, il ne saura même pas lui même qu'il est un fugitif, vu que sa mémoire sera remplacée. Mais..

Il se plante dans les manipulations, et c'est une mémoire ancienne du tueur liquidé qui se charge en lui. Il devient donc.. un tueur implacable chargé de se traquer lui-même d'après les indices qu'il a laissé!.. Suspense et fin à ce moment là.
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26 avril 2007

Poursuiveurs : Intrigues par perso

Mr Héros : Il prend un verre dans un bar. Il voit sa photo en 1ère page du journal : c'est un avis de décès. Très très surpris il désire appeler sa femme pour lui annoncer ce qu'il vient de voir. Une voix de femme en pleur lui répond : c'est bien sa femme, mais quand il lui dit chérie.. elle répond: qui êtes vous? Il dit son identité, mais la veuve éplorée s'énerve en disant que ce n'est pas bien d'abuser les gens qui comme elle viennent de perdre un être cher. Elle raccroche, il a le temps de l'entendre maugréer contre les vautours se moquant du malheur des autres. Il veut alors lire ce journal de plus près mais le propriétaire du-dit journal le prend mal et ça dégénère en bagarre. Le patron veut le faire dégager mais seulement après qu'il ait payé ses consommations. Mais.. pas de carte CB ni d'argent liquide sur lui. Son téléphone oui, son portefeuille oui, mais pas de fric. Le patron exige qu'il présente sa carte d'identité pendant qu'il prévient la police. Ne comprenant plus très bien où il en est, notre homme coopère mais.. surprise : sur la carte d'identité, c'est bien son nom, mais un autre visage que le sien! Il déguerpit vite fait, l'esprit de plus en plus confus. Notre héros se retourve dans la rue pendant un sacré bout de temps avec quelques mésaventures. Il rencontre quelqu'un qui l'aide (Mlle Help) à enquêter discrètement. Il comprend que la société dirigée par Mr Society complote contre le gouvernement pour avoir + de pouvoir et d'argent. Il menace de tout dénoncer. Le tueur Mr Porte-Flingue est alors envoyé à ses trousses. Nombreuses péripéties. Dénouement : Mr Héros tue Mr Porte-Flingue. Il arrive à contrer la société. Il dénonce tout le scandale au grand jour. Il décide de partir au soleil pour se récompenser. Il trouve le nom d'un riche quidam qui vient de mourir et qui attend un poursuiveur pour continuer à se dorer la pilule aux Bahamas. Notre héros se charge la mémoire de cet homme avant de partir en avion aux îles. Mais cafouillage, la mémoire chargée est celle de Mr Porte-Flingue. Dans l'avion, notre héros se réveille avec un seul but : trouver la trace de Mr Héros qui vient de disparaître, et il n'aura de repos avant de se retrouver donc lui-même et de se liquider. Fin.

Mr Mort : Un riche homme d'affaires (industriel) qui refuse la situation de monopole de la société de Mr Society, et fait lobby au gouvernement pour contrer la montée incessante du pouvoir de cette société. Mais il est liquidé par Mr Society (enfin ses sbires).

Veuve de Mr Mort : Epouse de cet homme d'affaire célèbre, elle est détruite quand la nouvelle arrive que son époux s'est tué dans un accident. Elle porte le deuil fièrement, et elle sait que d'ici quinze jours les médias et le gouvernement fera pression sur elle pour qu'elle commande la mise en service d'un 'poursuiveur' pour son défunt époux. Mais elle n'est pas prête, ça ne fait que 1j seulement qu'elle a appris la nouvelle du décès. Quand soudain, en pleine cérémonie funéraire, le téléphone sonne : un homme à la voix inconnue se déclare être son époux et lui demande des explications sur pourquoi les journaux l'annonce décédé (Mr Héros) mais la veuve n'est pas d'humeur à plaisanter et raccroche avant d'aller pleurer sur l'épaule d'un des invités en maudissant ce jour.

Mlle Help : Elle rencontre Mr Héros dans la rue et comprend qu'il ne sait pas/plus qui il est. Elle lui réexplique la base du fonctionnement de la société et du gouvernement. Elle l'aide beaucoup, par altruisme.

Mr Police : Il doit enquêter sur les agissements de la société de Mr Society et est alerté par une taupe : la société s'agite depuis quelques jours et son patron est d'humeur massacrante. La division des affaires internes alerte alors Mr Police, qui apprend que 2 flics ripoux ont été repérés comme agissant pour la société, et ils s'activent auprès des commissariats de quartier pour retrouver un type (Mr Héros) mais sans préciser son nom, juste un signalement ultra-précis. Mr Police a du flair: il sait qu'il doit mettre la main sur ce type avant eux pour découvrir ce qui se trame.

Mr Porte-Flingue : Il est contacté en dernier recours par Mr Society qui compte sur ce tueur implacable pour mettre fin aux agissements et menaces de Mr Héros, qui échappe à tout contrôle et répression. Il est psychotique ce type. Une fois une mission négociée, il se fait un devoir de vie ou de mort de réussir. C'est ce qui fait sa (sinistre) bonne réputation dans le milieu. Il est très violent mais calme. Professionnel et sanguinaire. Il manque de coincer 2 fois Mr Héros, et sa fureur augmente. Dans un duel final, Mr Héros le liquide astucieusement. En tant que professionnel, Mr Porte-Flingue sait que ce genre de choses risque de lui arriver, ça fait partie de la vie d'un pro, et donc il a un contrat chez la société : tous les six mois il fait une sauvegarde de sa mémoire, pour que s'il disparait, son oeuvre de professionnel se poursuive (continuer ses contrats). Ca fait aussi partie de sa réputation : toujours finir ce qu'il a commencé. Ca fait justement six mois qu'on lui a proposé son contrat et il avait fait une sauvegarde avant de partir en mission (la mission liquider Mr Héros).

Mr Society : Un homme qui dirige le conseil d'administration d'une société qu'il n'a pas créée. La société est l'oeuvre d'un passionné d'informatique/génétique du siècle passé. Elle consiste à sauvegarder tout ce qui fait votre personnalité : caractère, mémoire, humeurs, souvenirs, vos idées fixes, votre génie... mais ça ne s'arrête pas là : elle se propose d'injecter toute votre personnalité dans un humain volontaire. Pourquoi ? Pour écraser la personnalité du récepteur, et la remplacer par la vôtre. Ainsi, même décédé, votre oeuvre se poursuit : on met en route un humain récepteur/réceptacle qui oublie qu'il a été quelqu'un lui-même un jour, mais il devient vous-même à partir de cet instant après un lavage de cerveau, et une installation complète de la personnalité : humeurs, tics, souvenirs...   Aucune ressemblance physique, l'humain récepteur conserve son apparence propre. Mais il agit avec les mêmes intentions que l'original. Et donc il peut poursuivre le travail d'un grand homme : physicien, politicien, footballeur, magnat de la finance, chef militaire, acteur... La société vend très cher ses services, et le gouvernement a compris depuis plus de 50 ans le danger de cette société mais impossible de l'étouffer. Donc le gouvernement a passé un contrat d'exclusivité avec elle : le gouvernement exige d'être l'unique client mondial de cette société, et en retour la société a un marché fructueux et un monopole. Ainsi, le gouverment espère contrôler la société : la laisser libre en limitant ses agissements en comptant sur son appât du gain. Seuls les clients qui sont dans les petits papiers du gouvernement (politiciens, prix nobel, chercheurs, hommes d'affaires, mais aussi qui comptent pour l'opinion publique et donc les médias : journalistes, footballeurs, acteurs, chanteur, écrivain...) bénéficient donc d'humains poursuiveurs (toujours des volontaires qui ont une vie minable qu'ils désirent oublier : en échange d'une vie saine arrosée par l'argent, leur corps pourra espérer vivre des choses passionnantes et rester en vie longtemps, même si ce n'est pas leur personnalité qui en profite, et même s'ils ne seront jamais conscients de vivre ces choses). Mais Mr Society voit + loin (ce qui explique sa carrière fulgurante et son sommet à ce poste de directeur de conseil) et il veut + de liberté et d'argent pour cette société : il veut le pouvoir. Donc il faut secrètement mettre des pions dans le gouvernement pour lui débloquer certains accès : ministre des finances pour allouer + d'argent, ministre des armées pour s'assurer une force de dissuasion si quelqu'un lui barre la route, etc. Mais un homme d'affaires lui met des bâtons dans les roues, car il voit bien que trop d'argent file du gouvernement vers cette société et il aimerait bien lui aussi avoir des contrats juteux avec le gouvernement. Cet homme c'est Mr Mort. Il est liquidé par des hommes de main de Mr Society, qui avait prévu de le remplacer par quelqu'un fourni par sa société et avec une fausse personnalité : pas celle de Mr Mort (qui bénéficie par le gouvernement d'un contrat qui lui fournit un poursuiveur en cas de décès) mais celle d'un Mr Mort + souple et sensible à ne pas gêner les affaires de Mr Society. Les meilleurs programmeurs (hackers) ont été engagé à cette occasion pour reprogrammer la sauvegarde (ce qui a rarement été réalisé jusqu'à présent, car très difficile). Mais l'occasion était trop importante et Mr Society a engagé les frais et pris les risques. Réussite : la personnalité est parfaite et finie. Mais un ratage : au lieu d'être envoyé 15j après le meurtre (délai normal pour que la veuve commande un remplaçant après que le gouvernement ait fait pression sur elle pour autoriser que le grand oeuvre de son mari se poursuive) et bien le bon de commande a été envoyé par un sous-fifre négligent 15j.. avant! donc le volontaire s'est présenté au laboratoire, a subi le lavage de cerveau contractuel, et a reçu sa nouvelle personnalité, a passé sa semaine d'entraînement et pour s'habituer à son nouvel être. Ce qui prend justement aussi : 15j (délai très court qui fait la fierté de la société). Donc si on compte bien, il est lâché dans la nature pour commencer son travail.. le même jour que le décès de Mr Mort! D'où le couac de la scène d'introduction. Mr Society essaie de mettre la main sur cet homme une fois le couac découvert, et rate plusieurs fois la capture de Mr Héros. Mais après plusieurs semaines, il engage Mr Porte-Flingue. Aventures de six mois où Mr Héros apparaît et disparaît en menançant de tout dévoiler. Il y arrive d'ailleurs: après avoir liquidé Mr Porte-Flingue, il balance tout aux médias, surtout des indépendants, et le gouvernement sauve sa peau en accusant publiquement la société de plusieurs trahisons, donc démantèlement de la société et prison voire pire pour ses dirigeants.
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12 juin 2007

Le terrible jour où ma réduction chez le boulanger cessa d'être

Ce jour, j'aurais dû le voir venir. Les petits sourires faiblissaient, tous les jours un peu plus. Je ne m'alarmai point. Un peu de soucis dans sa vie, sûrement. Les femmes de boulanger, c'est jamais totalement ça, vous savez. Ou vous ne savez pas, je ne sais pas. Mais les merci / bonjour / au revoir / comment allez-vous  qu'on ne m'adressait plus dans la rue depuis quelques semaines, ça, vraiment, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Mais je ne suis pas chien envers moi-même, il y a des signes que nous ne sommes jamais prêts à percevoir à temps. Les croissants à la framboise tout d'abord, qui certains jours n'étaient pudiquement "plus disponibles". Toujours le mardi, comme de par hasard, le jour où je venais les chercher. Sachant que sa tactique ne pouvait se poursuivre indéfiniment sans que je ne m'aperçoive avec clairvoyance suspicieuse de la chose, il dut se renouveler dans sa machiavélante besogne. Le jour vint enfin où je demandais mon croissant à la framboise, et pour la première fois, on me le donnait sans calcul pensai-je, puisque sans aucune excuse bidon, du genre vous savez "y'en a plus" ou "ah on m'a pris le dernier juste avant vous". Non, il me le tendait l'ahuri. Souriant même. Qu'est-ce que ça cachait? Et voilà son dard, son épique pique : "Ca fera 90 centimes d'euros". Je tend la main, incrédule. J'ai la main encore ouverte vers lui. Mais non, il sourit de plus en plus. Aucun geste de notre part. Un duel au soleil couchant. Il est 16h. Les revolvers sont de sucre. Il a gagné. Pour la première fois en un an, il ne m'a pas fait sa ristourne spéciale "vous êtes un client privilégié que je veux fidéliser". Il ne m'a pas offert un deuxième croissant à la framboise gratuit. Son offre spéciale qui me prévalait d'un certain statut dans la bourgade. La chute. La fin des privilèges. A peine avais-je réalisé ce qui m'arrivait, qu'en sortant mon sachet à la main contenant un unique croissant malingre, la milice mit la main sur moi. Les menottes aux poignets, je montai dans le fourgon. Le sachet dilapidait son sucre dans l'eau du caniveau. Le poteau d'exécution était unique aussi, alors qu'on m'y attachait. La rasade supplémentaire de balles qu'on me réserva n'était pas chiche, elle, par contre. Et ma face, par terre, inondait de sang les rigoles du parvis. Le drapeau était haut, et c'était un beau jour.

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De la République des Idées à la République Décidée

L'Empereur s'était adressé à la foule des Députés. Pour la première fois, il se présentait devant eux, alors que la Séparation des Pouvoirs garantissait l'interdiction d'un tel geste. Mais il avait habilement modifié les institutions de l'intérieur, sous couvert de la peur. La peur de l'autre, la peur Des AutreS. Il s'appelait encore Président, mais le titre ne dupait personne. Surtout pas les maigres représentants de l'opposition. Sur 600 sièges, 400 étaient acquis à la cause de la personne de petite taille mais au visage sévère car souriant. Sourire en politique est un luxe de ceux qui n'ont aucun humour. On passait de l'an X de la Res Publicae des Idées, celle d'un pays où la contradiction était source de vie, à l'an 1 de la République Décidée, en action, en mouvement, en baffe méchamment torsadée. La main de fer est décidée, l'étranglement va de l'avant, l'air est chassé des poumons, l'asphyxie démocratique se poursuit. Annonce prochaine de la rubrique nécrologique : ici gît un rêve, merci de ne pas l'écraser en votant.
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