The World Is A Beautiful Place

On verra bien... :/: We shall see...

05 mars 2007

Les essais du jeune Werther

La plume à la main, l'écrivain commença l'ébauche. Puis, il reprit ses esprits, se contentant de raturer ce qu'il avait écrit. Le premier jet ne serait pas le bon, il le savait. Il avait raté déjà moult essais, et se voyait non pas comme un perfectionniste, mais comme un défaitiste professionnel. Autant jeter ce qu'il savait par avance ne jamais pouvoir terminer. Procastination. Velléitaire. Que de doux et familiers amis de ses errances! Hésitations et modernisme. Voilà sur quoi il écrirait! Deux maux de notre société à l'aube du XXème siècle! Qui plus est, il pourrait espérer publier dans la gazette à la rubrique Spleen, ce qui ramenerait deux sous pour contenter son logeur. Les fins de mois sont si peu glorieuses de nos jours.. Quoiqu'il en était sûrement de même, même avant dans le temps! Les cavernes n'avaient pas de propriétaires, mais il fallait bien nourrir et le feu, et la famille. Oui, de tout temps, il aurait été embêté notre jeune écrivain. Que cette toux ne le lacherait donc jamais !?
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06 mars 2007

Le nécroman

Le sorcier avait la main plongée dans le chaudron. Les bulles remontaient à la surface, crevant avec écoeurement celle-ci. Les gaz contenus à l'intérieur, délétères messagers, faisaient pleurer les yeux du nécroman. Goldric plissa son vieux visage fripé. La puanteur ne le genait plus, mais sa main venait de sentir un os, l'os doux et bel de l'infant, l'héritier du trône de Gorgnar. Le petit corps juvénile avait bien fondu dans la masse des ingrédients nécessaires au sort. Le roi ne découvrirait l'atroce vérité qu'au lendemain, quand tout serait bien trop tard. Qu'avait bien pu amener notre légendaire conseiller à quitter sa discrétion célèbre, pour ainsi inventer pareille recette, si politique et si vile ?
L'ogre quittait rarement l'auberge, et à cette heure, cette caverne serait encore tranquille jusqu'à l'aube. Goldric n'avait aucune envie de réexpédier l'inhospitalier propriétaire des lieux sous un faux prétexte à nouveau. De plus, ce benêt pourrait parler, même si la chose paraissait improbable à son niveau d'inintelligence, et le sorcier voulait éviter toute publicité avant l'heure. Avant que tout soit prêt.
Prêt, il l'était presque. L'ébullition continuait, et les rayons obliques de la lune arrosaient généreusement la mixture peu apétissante. La translune s'opérait à merveille. A chaque rayon couchant, correspondait une formule à réciter. Et les grumeaux prenaient peu à peu forme.. inhumaine! Les doubles de glaires n'étaient pas faciles à réaliser, surtout que la technique de la translune pouvait à tout moment alerter l'Ordre de ce qui se passait. Mais Goldric n'avait pas eu le choix. Et sacrifier l'infant augmentait ses chances de passer inaperçu. Il le savait.
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Démente Elle ment

Démentielle Lune
Démente alunie
Atterrie par tant d'épris partis
De partis pris, et puis, partis
Comme dautres.
Terrifiante affolée,
Elle sortit. Détruite. Eparse.
Et pareillement, et parcelée.
Lente atterrée, atermoiements stupeur.
Rampante, apeurée, affligée affolante.
Tortueux, terre-plein, ether tueur, évertué, et vertueux.
Ver tunneleux.
Tubulaire.
Aire d'enfer. Passage obligé. A moindres heurts. Amoindrie d'haies.
Aucune idée à moins d'une lieue.
Lieu si calme.
Quand passe l'astre.

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Un petit feu violet

Un petit feu violet s'était posé sur mon épaule.
Je lui avais dit : "Pourquoi tu viendrais chez moi, petit feu violet ?"
Il ne me répondit point, et pour pire présage, me mordit cruellement l'épaule.
"Aïe" lachais-je!
"Pourquoi m'as-tu fait ça? J'ai souffert, et tu ne m'as pas répondu.."
Le petit feu violet avait encore un peu grandi, et dévorait à présent tout le bloc de mon épaule. Je sentais la chaleur de son brasier sur le côté de ma joue.
"Comment tu t'appelles, petit feu violet ?"
Vlam. Il grandit encore plus, et mes cheveux prirent feu. Il englobait mon crâne, et ma peau fondait.
"Je suis la vie qui te consume" entendis-je souffler vers moi.
"Qui?" pensais-je, n'ayant plus de bouche pour articuler.
"Je suis l'arbre qui récupère ses feuilles, je suis le père qui reprend la vie"
"Quoi?" soufflais-je à mon tour, comme un pur esprit que j'étais devenu.
Et je me répondis moi-même, étant devenu lui : "Je suis moi, celui qui boit à sa source, et dont personne ne découle. Je suis l'unique, et sous mon feu tous périront". J'étais un petit feu violet.

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Libre idée

Il faut que je peigne avec des mots, avant que l'idée ne s'échappe.
Ill faut que je lui construise une petite prison, bien de verre, bien fermée, pour que jamais elle ne s'échappe.
Il faut que je la traumatise, ma petite idée bien à moi, que je lui fasse dire ses tripes, cracher ses vérités.
Sinon, elle s'en ira en voir d'autres, et fleurir sous d'autres balcons, et je ne le supporterais pas.
Elle va mourir, cette petite idée, si jamais elle fait ça.
Je ne la laisserai pas. Elle a besoin de moi, sinon pourquoi elle serait là.
Et puis pourquoi maintenant elle fait la dure, pourquoi elle me menace de me quitter?
Je ne la laisserai pas. Elle veut être crue, elle veut être dure, elle veut la cruauté. Je ne lui pardonnerai pas.
Je préfère m'abstenir de penser, plutôt que la laisser s'évader. Plutôt ne plus jamais penser, plutôt que de la voir libre égayée.
Dans un jardin sans moi, je préfère la couper plutôt que la laisser.
Cette fleur s'est ruinée, parce-qu'un jour s'est posée. Puissent d'autres pissenlits voguer éternellement, sans jamais se fixer, car les idées des hommes enferment bien souvent d'autres préjugés. On catégorise trop, on réfléchit trop, et la belle idée s'est fanée. Les prisons avancent à coup de grandes idées. Les plus belles définitions sont celles qui n'ont pas de limites.
On retranche toujours quelque chose de trop, quand on veut absolument penser.

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La Sirène rousse

Ses cheveux comme des nouilles sales, s'agrippaient et s'enroulaient autour de l'ancre vermoulue. Au fond de ce port puant, la petite Sirène était coincée. Le gris couleur ciel décalé, dans ses yeux profonds et tristes, reflétait la détresse de ce pauvre ange à queue de poisson. Les marins d'Amsterdam n'ont pas de pitié pour les petits êtres comme elle. Quelle idée stupide de s'aventurer aussi près des hommes!
Elle n'avait pas compris le danger immédiatement, de fait. Les rumeurs du marché n'étaient pas encore audibles, la criée n'avait aucun droit encore sur la jetée. Il était tôt. Le soleil encore bien moins qu'une ébauche de promesse. Elle s'était approchée. Un peu. Un peu trop, d'ailleurs. Quand cet abruti a jeté son ancre sans prévenir! Heureusement, elle l'avait évité de justesse. Enfin, elle. Pas ses cheveux. Aïe! Quelle perfidie médusienne que le sort d'un brushing raté! Deux, trois mèches enroulées, et déjà il était trop tard! A présent, elle attend le moment propice pour appeler discrètement à l'aide. Elle n'a pas réussi à se dégager seule.
Enroulée autour d'une ancre, il fallait quand même le faire! Ca ne pouvait arriver qu'à elle, ce genre de chose! Et pourquoi pas finir noyée, hein? Elle pouffa, malgré elle. Même si elle savait pertinemment bien que ce genre de mésaventures ne pouvait réellement pas lui arriver, ça lui faisait du bien de se l'imaginer. Elle se sentait moins cruche. A ce propos, toujours pas une âme à l'horizon? Non. Elle devrait patienter encore quelques heures avant qu'un passant charitable ne passe dans la rue. Et encore, c'était pas gagné qu'il l'aide, ce passant charitable! Elle l'imaginait déjà, pressé par le boulot, ou poivrot, ou manchot, enfin dans tous les cas, aussi inutile qu'une.. ben, tiens! qu'une ancre enroulée dans tes cheveux!
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LOFOFORA

Lofo
merci à : http://www.tutoshop.com/gilhoo/archives/1502
LOFORORA :  chanteur Reuno dans ses oeuvres. Du très bon, du très très bon. Des textes travaillés et assumés. La preuve qu'on peut passer + de dix ans à faire du hardcore sans brader son âme à une image glam ou du contenu consensuel. Petite attention à l'album : Le fond et la forme.

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MASS HYSTERIA

MassHyst
merci à : http://musique.ados.fr/Mass-Hysteria/Contraddiction-alb4047.html
MASS HYSTERIA : Le positif fait hommes! Des textes lucides, engagés, traitant à la fois de la société et de la vie de chacun, respectés dans le cercle de la musique alternative, et un groupe pronant une philosophie de vie basée sur la recherche permanente du bonheur, dans le respect d'autrui. Et c'est pas que des mots! A mettre entre toutes les oreilles! Petite attention particulière à l'album : Contraddiction, 1999.

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FFKK

FFKK
merci à : http://www.tarn-loisirs.com/article.php3?id_article=637
FFKK : Freedom For King Kong. Des Bretons adeptes du métissage des musiques. A la croisée des sphères rock, ragga, electro, avec un savoir-faire, un savoir-être et un savoir-dire à couper le souffle! Une écriture précise, des mots qui choisissent d'être vrais quitte à faire mal, un talent de composition qui marie la rupture à l'intensité. Un attention toute particulière à l'album : Marche ou rêve.

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07 mars 2007

My Life is Not a Sitcom

Voilà en quoi ma vie ne ressemble pas à un sitcom :
1/ alors déjà j'habite pas en coloc!Il n'y a pas dix amis qui vivent avec moi avec des boulots qui libèrent des thunes et du temps libre aussi
2/ il n'y a personne qui débarque chez moi à l'improviste avec des aventures rigolotes. Les gens qui débarquent chez moi sont soit dépressifs soit Témoins de Jéhovah, ce qui revient peut-ête un peu au même d'ailleurs..
3/ il n'y a pas de blague qui se prépare dans la pièce à coté pendant que j'écris ceci.
4/ comme je n'habite pas à central park, personne d'inconnu dans un bar ne voudra jamais passer à l'improviste si jamais je dis : "venez tous chez moi, ma porte sera toujours ouverte!"
5/ j'habite bien trop loin du centre de ma ville d'ailleurs, ne pouvant pas payer de + amples loyers, donc il faut obligatoirement la voiture pour venir me voir.
6/ les gens blagueurs et sans soucis dont je parle n'ont d'ailleurs généralement pas de voiture, allez savoir pourquoi!
7/ ils se contentent d'avoir de l'argent et de travailler à côté de chez eux à pied
8/ si je dois inviter plein de personnes à manger, il y en a toujours 1 ou 2 qui ne pourront pas venir, et d'ailleurs, moi, je dois faire réellement les courses dans des vrais magasins avec plein de monde dedans aux pires heures possibles..
9/ quand je me parle tout seul, il n'y a pas de public qui applaudit, curieusement j'ai juste l'air d'un aliéné mental.
10/ si je fais des blagues avec des objets et des peluches tout seul, il n'y a pas de public qui fait :  yeuhhhhhhhhhhh d'un air attendri
11/ il n'y a pas de pubs qui me sponsorisent!!
12/ d'ailleurs au bout de 20min, ma vie ne s'accélère pas d'un air guilleret en oubliant tous mes problèmes pendant que les noms des producteurs et ingé-son défilent devant mes yeux

Posté par fabetolkien à 16:35 - Déviant : Société :/: Social deviation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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